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PROJET OXYGENE

BILAN 2012

 

 

REMERCIEMENTS

Le dispositif Oxygène a pu être réalisé et finalisé grâce au soutien, aux contributions et aux précieux concours de l’ensemble de nos partenaires.

Aussi, nous tenons à remercier chaleureusement le Groupe ACCOR, le Conseil Régional d’Ile de France, le Conseil Général de Seine Saint Denis, la ville de Clichy-sous-Bois, la Fondation RATP, la Fondation Luc Besson, la Fondation Abbé Pierre, l’Acsé, la Caisse d’Allocations Familiales de Seine Saint Denis, le groupe Campéole, Renault, Maquevice Fils assurance et placements et la Fédération Léo Lagrange.

Nous remercions toutes les personnes, chargés de missions et représentants de nos partenaires pour la patience, l’implication, le sérieux et le travail qu’ils ont fournis afin que le projet Oxygène soit mené à bien.

Nous remercions les bénévoles du Collectif ACLEFEU qui ont, tout au long de cette année, porté à bras le corps le projet Oxygène ; nous leur exprimons toute notre gratitude pour leur implication, pour avoir répondu présents malgré la lourdeur du dispositif notamment au regard du temps lui étant dévolu.

INTRODUCTION

La Seine-Saint-Denis, un département hors normes

Quelques chiffres

Le Collectif ACLEFEU est une association régie par la loi de 1901, sans but lucratif  qui a vu le jour au lendemain des révoltes sociales de 2005 après les décès brutaux de deux adolescents ; ses objectifs statutaires sont entre autre de transmettre la parole des habitants des quartiers auprès des institutions en organisant des rencontres citoyennes dans toute la France, en mettant en place des coordinations locales et nationales, en recueillant et regroupant par thématiques les revendications et propositions de la population et en veillant à leur prise en compte par les pouvoirs publics, politiques.

ACLEFEU œuvre également pour la promotion de la citoyenneté comme vecteur de transmission de valeurs ainsi qu’en soutien à la fonction parentale ; le collectif lutte contre toutes les formes d’exclusion, de discrimination et d’injustices. ACLEFEU a mis en place bien des projets dont voici quelques exemples : le Tour de France des Doléances, les Assises de quartier, les inscriptions sur les listes électorales, Oxygène, Passeport Citoyen...

Le projet Oxygène propose une palette graduée de réponses alternatives pour les familles dans des situations à la fois de précarité voire de grande précarité mais aussi en situation d’exclusion ou encore pour leurs enfants dans des situations de déscolarisation ou de rejet de l’apprentissage.

Sa finalité est à la fois de favoriser une réinsertion durable en les engageant simultanément dans une dynamique de resocialisation et de réinvestissement mais aussi de les accompagner dans le processus d’acquisition de l’autonomie sous toutes ses formes.

Si les ateliers et autres actions communes sont d’une grande diversité en matière d’activités périscolaires, culturelles ou autres, ils visent à stimuler l’appétence aux apprentissages en général et scolaires en particulier pour les enfants ; ils visent à contribuer à la maîtrise du socle commun de connaissance et de compétences par la mise en place d’une pédagogie différenciée privilégiant la transversalité.

L’organisation de la vie collective cadré par un contrat moral et un règlement intérieur, que s’engagent à respecter jeunes et adultes, le partage des responsabilités entre filles et garçons, permettent de mener un travail d’éducation à la citoyenneté au quotidien et de favoriser ainsi la prise de confiance en soi,  en l’autre, en l’adulte. Les équipes de bénévoles associent l’ensemble des familles à  ce travail subtil de restauration de l’estime de soi. Enfin, la connaissance et la reconnaissance du parcours de chacun, leur valorisation, sont décisives pour transformer l’expérience de « rupture » à une possible réussite à venir.

Les valeurs qui guident nos actions : universalité, égalité, solidarité, citoyenneté, action collective, évolutivité et humanisme.

 

Genèse du projet

I. Contexte et territoire

Ces dernières années se sont avérées extrêmement difficiles pour la France dans son ensemble mais plus particulièrement pour les populations déjà fragiles vivant à Clichy sous Bois. Non seulement le chômage y fait des ravages mais l’accumulation de problèmes rencontrées par la population (logement, santé, addiction, crise sociale profonde...) rend le quotidien extrêmement complexe, difficile à surmonter ce qui bien souvent conduit à des comportements de repli sur soit, d’auto exclusion quoi qu’il en soit, il s’agit bien là de situation de souffrance.

Notre pays connaît depuis quelques années une crise sans précédent laquelle est de fait plus grave dans les territoires les plus défavorisés et c’est dans ce contexte socio économique très difficile, dans cette ville très enclavée à l’environnement étouffant que s’inscrit le projet Oxygène. Ce constat, appuyé par le dernier rapport de l'observatoire National des Zones Urbaines Sensibles (ONZUS), a légitimé à nos yeux l'idée même d'un ciblage territorial des actions d'accompagnement social et de prévention dans les quartiers populaires en difficulté afin de réduire progressivement les écarts constatés et de redonner dynamisme et espoir.

Le département de la Seine Saint Denis, un territoire à la fois défavorisé et dynamique

Notre département est très souvent vécu comme le plus défavorisé de France ; cette image a sans aucun doute été renforcée par la mise en place d’un « plan de rattrapage » ce qui en a fait le mieux doté parmi les départements urbains comparables, pourtant, force est de constater que les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous malgré une grande mobilisation et l’engagement des diverses parties prenantes (collectivités locales, tissu associatif...) spécifiquement dans les quartiers les plus fragilisés.

Le problème urbain

50% de l’humanité vit dans les villes alors que ce chiffre n’était que de 3% en 1800. Les campagnes sont donc désertées, les villes engorgées, et c’est bien là que se trouve l’un des problèmes qui touche nos sociétés actuelles. La rapidité de mouvement des populations s’éloignant des campagnes n’a pas permis à la ville de s’y adapter et donc de pouvoir les prendre en charge convenablement. Les immeubles ont donc été trop rapidement construits, tout comme les industries accueillant les nouveaux travailleurs, etc. C’est dans ce contexte que le problème urbain s’est posé.

Ce problème a entrainé l’apparition de termes aujourd’hui couramment employés. Tout d’abord, la mégapole est une très grande agglomération, c'est-à-dire d’une population de plus de 8 millions d’habitants. Elle dispose donc d’une véritable influence à l’échelle mondiale. Il existe ensuite la métropole, exerçant une influence plus importante. C’est enfin la mégalopole qui constitue la plus importante structure, en comprenant de nombreuses agglomérations. Ces extensions rapides des villes ont ainsi entrainé un « malaise urbain » qui en se généralisant et s’additionnant aux  orientations politiques des dernières décennies a créé des « ghettos » de population défavorisées.

Explosion du problème urbain

Le problème urbain ne s’est posé qu’à partir d’une date relativement récente puisque la France était originellement majoritairement agricole. Mais c’est lors des années 1950-1960 que le pays va connaitre un exode rural important, avec une concentration des familles essentiellement autour de Paris ; les constructions sont donc établies rapidement, généralement dans l’urgence. Elles sont donc peu solides, et concentrées dans les quartiers regroupant des familles modestes. C’est dans ce cadre que le climat va évoluer rapidement et ainsi amener à un certain nombre de problèmes.

La naissance des zones défavorisées a entrainé une exclusion des personnes se trouvant dans une situation de pauvreté. Il convient d’ajouter que la pauvreté est une notion très relative puisqu’elle est considérée en fonction du rapport aux autres personnes ; elle varie donc selon les pays. En France, c’est ainsi la précarité qui pose un véritable problème dans les villes ; majoritairement concentrés dans les zones urbaines, les mal-logés sont très nombreux. En 2001 déjà, 3,5 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France.

Mais les personnes concernées ont changé ; alors que les personnes âgées étaient essentiellement concernées, ce sont les jeunes qui désormais souffrent de la précarité, avec des taux de chômage importants pour les 15-24 ans. De nombreuses mesures sont régulièrement prises par les associations et le gouvernement, mais l’exclusion sociale reste bien présente.

Ces zones défavorisées accumulent un ensemble de problèmes qui contribuent à enfoncer un peu plus les personnes qui y vivent dans leur misère. Cette misère sociale s’appuie sur un niveau intellectuel faible, sur une délinquance relativement importante, mais aussi sur une violence sociale qui parfois s’amplifie.

Mais les zones défavorisées ne sont pas les seules à souffrir d’un malaise urbain. A l’intérieur des villes vivent aussi des personnes seules, rongées par l’individualisme ambiant et la méfiance des uns à l’égard des autres.

Solutions au problème urbain

En réaction aux souffrances des plus démunis, l’abbé Pierre fonde Emmaüs en 1949. Cette action s’accentuera avec le temps, c’est ensuite en 1985 que Coluche met en place les Restos du cœur. Ces aides aux plus démunis constituent aujourd’hui une vraie solution à l’un des problèmes liés aux villes et le nombre des bénéficiaires augmente d’années en année.

Sur le plan politique, la Politique de la ville s’est développée à partir des années 1970 car les quartiers avaient été construits trop rapidement en périphérie des grandes villes sans prendre en compte l’explosion démographique de ces derniers, ni les conditions de vie des personnes. Elle vise à lutter contre la précarité des personnes y vivant et contre leur exclusion.

De nombreuses actions sont ainsi menées depuis quelques décennies : insertion professionnelle, amélioration de l’aménagement urbain, amélioration de l’éducation, lutte contre la délinquance et la violence, etc. Elles sont établies par le biais d’une politique interministérielle. Un ministère de la ville a également été crée en 1990, avec pour premier titulaire Bernard Tapie. Ce sont par la suite les « zones franches urbaines » qui sont crées afin de revitaliser les banlieues. Malgré l’ensemble de ces mesures, les résultats restent peu convaincants puisque la crise des banlieues s’accentue notamment en 2005, avec les révoltes sociales.

Un « plan espoir banlieues » a ainsi été mis en place en 2008 afin d’approfondir l’engagement de l’Etat en faveur des quartiers défavorisés. Il se base sur trois priorités : l’emploi, l’éducation et le désenclavement.

Les mal-logés quant à eux ont fait l’objet d’importants débats, grâce notamment à l’association Les enfants de Don Quichotte en 2006 et du DAL, qui ont suscité l’attention de la population sur ces personnes en difficulté. C’est ainsi que la loi du 5 mars 2007 a mis en place le droit au logement imposable (DALO). Si ce texte ne s’applique pas à tous, il s’y attachera en 2012 cependant ce dispositif n’est absolument pas une solution de logement ou relogement puisqu’en face, l’offre ne suit pas et le recours n’a fait qu’engorger les tribunaux.

Le problème urbain aujourd’hui

L’ensemble des considérations établies, on peut se pencher sur ce problème tel qu’il se dessine actuellement. On a pu constater depuis plusieurs années que les banlieues sont le siège régulier de révoltes, révoltes qui ont atteint un niveau important en 2005.

Les premières grandes émeutes ont lieu dans le quartier des Minguettes en 1981 ; de nombreuses voitures détruites par les jeunes en deux mois. C’est ensuite en 2005 que de nouvelles émeutes vont alerter la population française sur le problème des banlieues. Les modes de protestation sont généralement les mêmes que les années passées : incendies de voitures, de poubelles ou encore d’équipements collectifs.

Cette violence montre la misère et la révolte des habitants de ces quartiers. Ces révoltes se fondent en effet sur les conditions de vie déplorables dans ces quartiers. Le taux de chômage y est très important, et les trafics de stupéfiants très nombreux.

Les politiques de la ville peu fructueuses ont entrainé une stigmatisation des jeunes des quartiers, souvent accusés de tous les maux. C’est dans ce cadre que nait un sentiment d’insécurité, mais aussi de rejet à l’égard des banlieues. Il parait donc aujourd’hui nécessaire pour le gouvernement de poursuivre les efforts constitués par les politiques de la ville souvent jugés insuffisants.

Présentation du projet

I. Les publics concernés

Le projet s’oriente principalement vers un public très fragilisé et en situation de grande précarité :

  • les familles en situation fragile et précaire (bénéficiaires du RMI, API, RMA, Familles mono parentales…)

  • les familles en difficultés sociales fréquentant les services de la DPAS, CAF, CCAS

  • les structures de nos partenaires (centre sociaux, service réussite éducative et service municipal de la jeunesse) dans le cadre de la « plateforme de mise en cohérences des actions locales »

  • les familles démunies face aux problématiques générées par leurs enfants et qui émettent des doutes quant à la validité de ce qu’elles peuvent leur transmettre comme repères

  • les familles isolées sans aucun autre lien social que celui établi avec les services administratif

  • les familles « identifiées » sur le territoire par nos partenaires locaux ou notre structure soit au travers des café-débats soit par notre travail de terrain

  • les familles confrontées à des difficultés éducatives graves

  • les familles dont les enfants sont en situation de décrochage scolaire

  • les familles dites « ressources » (il s’agit de familles qui sont déjà engagées dans un processus d’autonomie)

  • les familles dont les enfants font, ou ont fait l’objet d’un suivi judiciaire

  • les familles dont les enfants ont ou pourraient avoir des conduites à risque

  • les familles en situation fragile et précaire (bénéficiaires du RSA, RMA, Familles mono parentales, veuves…)

  • les familles en difficultés sociales fréquentant les services de la CAF, CCAS, CMP ou les structures de nos partenaires

  • les familles démunies face aux problématiques générées par leurs enfants et qui émettent des doutes quant à la validité de ce qu’elles peuvent leur transmettre comme repères ou en situation de dysfonctionnement de leur autorité parentale

  • les familles isolées sans aucun autre lien social que celui établi avec les services administratifs

  • les familles « identifiées » sur le territoire par nos partenaires locaux ou notre structure soit au travers des café-débats soit par notre travail de terrain

OXYGENE 2012

21 familles - 120 personnes

De la commune de Clichy sous Bois : 19 familles Soit 111 personnes

Issues des quartiers :

Bois du temple : 6

Renouveau : 6

Forestière : 2

Cosmonautes : 1

Aqueduc : 1

Rouaillier : 1

Chêne Pointu : 1

Albert Camus : 1

D'autre(s) commune(s) : 2 familles

Soit 9 personnes

Montreuil : 1

Montfermeil : 1

 

Tranches d'âge

Sexe féminin

Sexe masculin

Totaux

 

 

De 0 à 6 ans

10

9

19

 

 

De 7 à 11 ans

13

9

22

 

 

De 12 à 16 ans

9

9

18

 

 

De 17 à 18 ans

8

7

15

 

 

De 18 à 25 ans

10

9

19

 

 

De 25 à 60 ans

16

6

22

 

 

Plus de 60 ans

3

2

5

 

 

TOTAUX

69

51

120

 

II. La méthodologie

Les inscriptions pour les familles débutent dès janvier et sont closes fin février.

Nous sélectionnons ensuite les familles les plus nécessiteuses en fonction de leurs ressources et de leur situation familiale.

Dès fin février les cafés-débats et palabres citoyennes commencent autour de thèmes variés et identifiés selon la situation des familles et organisés un samedi par mois de 16h30 à 18h30 afin de préparer les séjours.

Les séjours se déroulent quant à eux sur tout le mois de juillet et sont au nombre de deux.

Ces ateliers, qui ont débuté fin février 2012, ont vocation à s’inscrire dans la durée afin de ne pas marquer de rupture dans le processus engagé et de la mise en œuvre des séjours famille, programmés en juillet dans le site de notre partenaire Campéole qui pour cette année, et au regard des impacts positifs, nous a proposé une nouvelle destination, Narbonne Plage.

Les familles ainsi que les encadrant ont été logés dans des Mobil-Home situés dans un camping situé sur un site de l’Office national du tourisme offrant de nombreux espaces naturels de lagons et d’ombrages au cœur du littoral méditerranéen.

La plage sécurisée car en pente douce et sans courant, se trouve à 400 mètres du camping.

Le choix du lieu de villégiature n’est pas anodin, il correspond à une volonté de rupture avec l’environnement quotidien de notre public.

De surcroît, les familles accueillies par cette structure Campéole, dans des mobile-homes d’un grand confort viennent de différents horizons et de toutes classes sociales. Le site en question offre toute une panoplie d’activités qui lui sont propres et dont nous avons fait bénéficier les familles afin de diversifier l’offre qui leur était faite par Oxygène.

Il s’agit, vous l’aurez compris, de créer une rupture totale avec l’environnement dans lequel ces familles résident tout au long de l’année aussi, lors de ces séjours, un encadrement particulier leur sera proposé.

· 2 séjours de 12 jours

· 20 familles réparties sur un site, soit un total de 120 personnes

· tranche d’âge : intergénérationnel

Gestion du temps :

Ä Temps libre imparti aux moments conviviaux entre les familles participantes et celles avec lesquelles elles feront connaissance sur place.

Ä Temps imparti aux enfants durant lequel des ateliers et activités leur seront proposés permettant ainsi de libérer les parents.

Ä Temps imparti aux moments « couple » ; les parents, submergés par les difficultés et obstacles auxquels ils sont confrontés quotidiennement vivent mal voire non pas ce que l’on appelle communément une « vie de couple » aussi, ces instants d’intimité leur permettront de se « retrouver ».

Ä Temps imparti aux moments famille pendant lequel nous leur proposerons un atelier, des activités collectives et de petites excursions « découverte ».

Ä Temps imparti aux activités de la structure accueillante ; ces périodes d’alternance sont essentielles pour le contact avec « l’autre » aussi, les familles prendront part à certains évènements organisés par Campéole.

Ä Temps libre, favorisé pour les activités du camp.

Au regard du bilan positif d’Oxygène, les ateliers suivants ont été encadrés et animés, en sus des bénévoles du collectif ACLEFEU, par les partenaires opérationnels des services de  la Réussite Educative.

Ä Ateliers pédagogiques et éducatifs, accès aux savoirs de base

Ä Ateliers information, alphabétisation, lien social

Ä Atelier citoyenneté et participation à la vie publique

Ä Atelier accès aux droits et lutte contre les discriminations

Ä Atelier prévention de la délinquance et rapport police-justice (nouveau)

Ä Ateliers initiatives (nouveau)

Une soirée de bilan conviant familles et partenaires sera organisée en fin d’année après envoi des bilans à nos partenaires, comme à l’accoutumée.

Les inscriptions :

Comme prévu nous avons commencé les inscriptions début janvier, cette partie du projet fût longue et laborieuse puisqu’elle comprend à la fois les inscriptions, les sélections et la gestion administrative relative aux divers montages de dossier néanmoins, nous avons pu respecter nos délais et avons pu clore fin février comme convenu. Cette année nous avons eu un désistement qui a aussitôt été comblé par une famille figurant sur la liste d’attente ; 2012 ne déroge pas aux années précédentes, les places sont peu nombreuses contrairement à la demande.

Les café/débats :

Le premier atelier était tourné sur la présentation du dispositif, des équipes et des familles. La totalité de ces dernières étaient présentes, ce qui est très positif, nous avons ainsi présenté le dispositif dans sa globalité puis, les familles ont fait connaissance entre elles pour celles qui ne se connaissaient pas. Enfin, après avoir vu tous les aspects administratifs, nous avons demandé aux familles de choisir la thématique du prochain atelier et c’est la rénovation urbaine et les problèmes de logement qui ont été retenus. Ce moment nous a permis de surcroît, d’identifier des situations spécifiques qui requièrent une attention particulière, un accompagnement adapté, plusieurs familles qui nécessiteront l’appui des services de la réussite éducative par conséquent nous avons aussitôt fait le nécessaire. Nous rappelons que les services de la réussite éducative sont partenaires du dispositif et une psychologue de leur service participe déjà à Oxygène depuis 3 ans, ce qui représente un atout majeur.

En mai nous avons donc tenu l’atelier sur la rénovation urbaine qui était une de leur grande préoccupation et ce à plusieurs titres. Nous avons le cas des locataires du secteur privé du bas Clichy qui seront soit relogés soit expulsés, le tout dépendant en grande partie de la décision que prennent les propriétaires ; nous avons aussi le cas des familles dont les immeubles vont être détruits et qui sont ou vont être relogés et qui rencontrent d’innombrables difficultés aussi diverses que variées (toutes ont monté un dossier DALO depuis au minimum 18 mois). Seul point commun pour toutes ces familles, le désarroi face au manque d’information quand à leur devenir et leur éloignement des institutions et autres structures.

Nous avons donc répondu à toutes leurs interrogations, les avons également orientés vers les instances pouvant leur venir en aide et les accompagner telles que la Maison de l’Habitat, l’AFTRP ou encore la MOUSS pour les habitants du quartier de la Forestière par exemple. Le thème de l’atelier du mois de juin a été la gestion du budget qui s’est très bien déroulé ; les familles se sont facilement prêtées à l’exercice ce qui nous a conduits à mettre en exergue les incohérences de leur gestion pour mieux les préparer à la réorganisation de leur système budgétaire. (Afin de réguler leurs impayés de loyers ou autre facture en instance par exemple ou encore en les amenant à prioriser leur dépense et en sensibilisant leurs enfants sur les impacts de leur besoins « non essentiels » tels que les abonnements téléphoniques etc...).

Deux autres ateliers sont prévus les samedis 23 et 30 juin prochains.

Le 23 juin les familles ont rencontré les équipes qui ont encadré les séjours ; l’atelier s’est déroulé en 2 temps, un premier d’une heure entre l’équipe du premier séjour et les familles y participants et le second d’une heure aussi avec l’équipe du second séjour et les familles y participants.

Ces ateliers permettent aux équipes de répondre à toutes les questions et de présenter le séjour dans les détails ; le déroulement avec les plannings d’activités, les divers ateliers sur place ainsi que le lieu ou encore le règlement attenant aux séjours dont les familles prennent connaissance ainsi que du contrat moral que le collectif leur demande de signer. En effet, chacun des membres de chacune des familles signe ce contrat moral qui les engage à respecter les règles fixées pas les équipes et induites par le projet Oxygène.

Le 30 juin fût l’atelier de préparation des départs durant lequel nous avons vu avec les familles tous les détails relatifs aux départs tels que les lieux, les horaires ou encore ce qu’il ne faut pas oublier (carnets de santé...).

Ces départs estivaux nous les qualifions de « séjours ruptures », en effet, ils permettent aux familles de sortir de leur environnement quotidien oppressant, Cette « bouffée » d’Oxygène a un énorme impact sur leur moral, leur motivations mais aussi et surtout cela leur permet de se retrouver en famille, de prendre leur repas ensemble (chose qui n’est pas le cas dans les foyers en ruptures de liens) de se reparler, de réapprendre voir reconsolider leur « socle familiale ».

Les palabres citoyennes :

Les palabres citoyennes sont des moments de complète liberté de parole, aucun thème n’est déterminé et elles ont lieu plusieurs fois par mois que ce soit au sein de nos locaux ou encore en extérieur (square, jardins, en promenade...). Il s’agit également d’un contexte très propice aux « échanges de savoirs ». Cette dynamique socioculturelle dans laquelle les personnes s’inscrivent impulse  une attitude d’ouverture et de partage avec « l’autre ». Ces échanges de savoirs sont de natures diverses, il peut s’agir de la découverte des différentes cultures par la gastronomie par exemple, l’aspect artistique également, littéraire ou autre.

L’objectif de ces palabres est de faciliter la prise de parole, la création de liens durables entre les personnes isolées ou en exclusion pour la plupart et rencontrant de nombreuses difficultés (santé, économiques, impayés de loyers, procédures d’expulsion, chômage, illettrisme, addiction...). Les impacts escomptés sont multiples, ces moments privilégiés d’échanges favorisent la prise de parole et donc la confiance en soi ; ils ré instaurent le cas échéant le dialogue entre les familles, les jeunes et les instances associatives ou institutionnelles parties prenantes de ce projet.

Il s’agit également d’inscrire ces familles dans un processus global d’insertion sociale par un travail d’acquisition de l’autonomie ; les départs collectifs en séjours rupture ou en sorties par exemple, sont un support permettant de :

  • lâcher prise avec le quotidien
  • se retrouver, se découvrir
  • casser l’isolement et le repli sur soi en partageant des moments conviviaux dans un environnement totalement différent
  • faire se rencontrer les familles de tous milieux
  • réinstaurer du dialogue entre l’enfant et les parents dans un environnement propice car en rupture totale avec leur quotidien
  • mettre en place divers ateliers en plus de ceux proposés par la structure accueillante (culture, sport, civisme et citoyenneté…)

La Solidarité :

Autre pierre angulaire de l’action du Collectif ACLEFEU dans le cadre de ce projet, la SOLIDARITE ; la notion de solidarité est extrêmement importante dans les territoires les plus isolés en particulier, puisque parfois, il s’agit du seul levier permettant à certaines personnes de subsister. Bien que le tissu associatif soit dense localement et plus spécialement les structures du champ social, force est de constater que de nombreuses personnes vivent bien au dessous du seuil social (ce qui va engendrer des comportements à la fois de rejet de soit et de l’autre, d’auto exclusion et donc de rupture avec la société, des troubles de santé, d’addiction ou de souffrances psychologiques) et que petit à petit elles vont « disparaître », se marginaliser.

La solidarité revêt de nombreuses facettes, lors des palabres certaines participantes se sont affranchies de leur « mur psychologique » pour se libérer du carcan de leur peur ; nous avons constaté qu’un fort élan de solidarité se mettait en place entre les personnes et ce de diverses manières. Tout d’abord et c’est une particularité que nous tenons à souligner, nous avons été impressionnés par leur capacité à compatir et à s’impliquer dès lors que leur parole s’est libérée ; le fait d’entendre le récit de situations parfois désespérées, voir désespérantes, les a immédiatement fait relativiser leur propre sentiment face à leur histoire personnelle.

En quelques semaines, un élan de solidarité a vu le jour notamment entre les mamans qui ont imaginé et mis en place avec notre concours un système d’entraide sensationnel à tous points de vue, l’Arbre à Mamans.

L’objectif est simple, permettre aux mamans ayant une activité professionnelle, en recherche d’emploi, à bout nerveusement, en cas d’urgence ou tout simplement ayant envie de faire une pause pour s’occuper d’elles-mêmes, de faire garder son ou ses enfants par les autres mamans. Nous avons donc dédié un après midi à la mise en place de ce système solidaire et qui ne coûte RIEN. Tout d’abord elles ont dessiné un arbre puis ont déterminé un système ; une d’entre est élue à la tête de l’arbre, (sur la base du volontariat et cela peut changer au gré des besoins afin aussi que chacune d’entre elle soit à un moment ou à un autre à la tête de l’arbre) c’est elle qui met l’arbre en mouvement et qui appelle les mamans concernées par les échanges, elle s’occupe de donner l’alerte aux autres mamans si un problème ou une urgence survient. A gauche et à droite de l’arbre sont notés les noms, prénoms et numéros de téléphones de toutes les autres mamans avec en légende le nombre, le sexe et l’âge de leurs enfants. Une fois l’arbre complété nous l’avons fait imprimer en grand format et chacune d’entre elle en a un exemplaire qu’elle affiche chez elle. Non seulement c’est un franc succès mais ses impacts, directs et indirects, sont multiples ; liens, partage, apprentissage des chiffres et de l’utilisation des téléphones, sortie de l’isolement, valorisation de soi, mise en responsabilité, retour vers l’emploi, certaines sont désormais en cours d’alphabétisation, des liens d’amitié durable se sont crées, même si les difficultés n’ont pas disparues, leur manière de les appréhender a totalement évolué.

Evènement co-organisé avec les familles

LA KERMESSE

Afin de maintenir le lien crée entre nous, de les sortir de leur isolement pour les familles concernées et plus largement afin d’encourager leur participation nous avons proposé aux familles de mettre en place une Kermesse. Cette proposition fût très bien accueillie et nous avons donc, avec la participation des familles, tenu une grande kermesse la première semaine du mois de juin. L’idée était la suivante, s’organiser de sorte à proposer à toutes les familles le désirant, de venir partager un moment de convivialité autour de jeux pour les enfants avec stands de maquillage, animation musicale, jeux gonflable et « buvette gratuite ».

Tout le monde a mis la « main à la pâte », pour le stand maquillage les adolescent(e)s se sont portés volontaires pour l’animer, les mamans ont fait des dizaines de gâteaux et autres plats et spécialités pour la buvette et ont tenu le stand, d’autres se sont occupé de trouver les jeux gonflables, un bénévole a fait l’animation au micro, un autre le DJ.

L’implication des familles participantes au projet a permis d’offrir aux autres familles de Clichy-sous-Bois une Kermesse magnifique, qui a satisfait tout le monde, petits et grands ; nous soulignons que c’est la première fois qu’une kermesse a lieu à Clichy-sous-Bois et au regard de la réussite à tout point de vue de cet évènement, nous avons décidé de l’intégrer au dispositif pour les prochaines années ; la municipalité nous a félicité et serait ravie de renouveler cette expérience qu’elle a jugée de très positive.

Conclusions

Impacts du projet sur les bénéficiaires

I. Réussite scolaire et lutte contre le décrochage

Réussite scolaire

Concernant les enfants scolarisés d’entre eux n’est sorti du système scolaire ce qui est une grande réussite du projet et du travail de l’ensemble du collectif qui a accompagné ces enfants tout au long de ces 4 dernières années.

Les ateliers scolaires nous ont permis d’évaluer les enfants sur leurs connaissances et savoirs en fonction de leurs classes respectives. Nous avons constaté que pour la totalité d’entre eux il y a entre 1 et 2 années de retard sur les programmes nationaux ; nous avons également noté que la plupart des connaissances de base inculquées en primaire n’étaient pas acquises ce qui, additionné au retard, handicape lourdement leur présent et leur avenir scolaire.

Lors des ateliers un exercice de réflexion sur un thème précis leur est proposé et se décompose selon le schéma suivant :

1. réflexion sous forme de confrontation d’idées

2. retranscription écrite de leur réflexion personnelle

3. lecture à voix haute des textes

4. Discussion libre

A l’issue de cet exercice il apparaît qu’en termes d’expression écrite et orale, le vocabulaire est sans conteste leur plus grande lacune cependant il est rafraîchissant de voir avec quel dynamisme ils défendent leurs opinions et confrontent leurs idées.

Il est à noter que pour la totalité d’entre eux l’Ecole est « l’ascenseur social » le plus important, le plus sûr et parallèlement il est vécu, selon leur dires, comme le plus discriminant à leur encontre.

La demande de soutien, d’aide aux devoirs ou autre accompagnement éducatif est très forte chez les enfants, ils ont conscience d’avoir des difficultés scolaires auxquelles s’ajoutent des difficultés d’ordre personnel pourtant ils portent un grand intérêt à leur avenir et sont tout à fait lucides et qu’il passe par l’éducation, l’instruction.

L’ensemble des enfants étant toujours scolarisés, ils feront l’objet d’un suivi régulier ; 13 d‘entre eux sont suivis par notre partenaire des services de la réussite éducative de la municipalité.

L'éducation

« Créer » l’homme en l’éduquant, voilà la tâche que fixe Rousseau dans L’Emile. Défi à la nature, l’éducation constitue une échappatoire à cet état naturel qui a construit l’homme imparfait et mauvais. Destinée à rendre l’homme bon, elle semble permettre la bonne entente entre les hommes selon Kant.

Lieu de « dressage » selon Michel Foucault, dans lequel seul compte la discipline, l’école doit néanmoins garantir une bonne éducation, qui devrait fournir des critères de jugement et non pas préparer l’écolier selon son utilité pour le système économique (André Gorz).

Du terme latin educatio, ductare signifiant « guider », l’éducation constitue une transmission des connaissances et des valeurs. Mais l’évolution de la société a modifié les relations de l’élève face à l’école : la « crise de l’autorité » au sens d’Hannah Arendt est contemporaine du déclin de la crédibilité des enseignants, autrefois très respectés.

Outils indispensable, l’éducation constitue ainsi un pari pour l’avenir. L’inculcation de valeurs construit progressivement ce capital humain dont parle G. Becker. Ces valeurs, aujourd’hui républicaines, à travers l’éducation civique, sont enseignées afin de garantir la soumission volontaire du peuple (M. Foucault). Si divers reproches s’élèvent contre une institution qui semble régresser face aux violentes critiques relatives à ce qu’on appelle « l’ascenseur social ».

Et si l’émergence du système républicain a permis la massification de l’éducation, les possibilités qui semblaient offertes sous cette effervescence de valeurs modernes semblent s’effacer.

Massification de l’école

Alors que sous l’Ancien Régime seuls quelques uns accèdent au savoir, les premiers bourgeois, associant rapidement le savoir au pouvoir, ont pu bénéficier de l’ouverture des universités partout en Europe pendant la Renaissance. Enjeu de pouvoir, le savoir devient donc un gage de qualité. Le courant des Lumières ne fera que confirmer l’idée d’un homme moderne, gouverné par la raison, car instruit.

Les diverses péripéties qui fondent la France républicaine entrainent avec elles l’avènement de l’éducation du plus grand nombre. De la Constitution de 1793 instituant que « l’instruction est le bien de tous » aux lois républicaines de Jules Ferry en 1882, il n’y a qu’un pas. Ce que l’on souhaite, c’est à éduquer la masse ignorante, et souvent analphabète, en introduisant un enseignement laïque, gratuit, et obligatoire. Mais l’envie de rendre la population cultivée n’est pas dotée que de bonnes intentions, puisqu’on cherche par les Lois Falloux à limiter les contestations éventuelles des futures générations, à une époque où les révolutions entrainent des fluctuations politiques importantes.

Devenu « devoir d’Etat », l’enseignement se banalise et les années 1970 connaissent une explosion du nombre d’étudiants. Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2007, 63,9% d’une génération a le bac. Mais de la rigueur d’une école destinée à transmettre les valeurs civiques, on est passé à une école violente, peu respectueuse de ses enseignants, et si massive qu’elle n’est plus apte à satisfaire des élèves pourtant brillants.

L’éducation en question

La massification de l’école a affiché ses limites, en peinant à assurer la « méritocratie » si chère à la République. Alors que quelques 29% d’élèves des grandes écoles (ENA, Ecole Normale Supérieur, HEC…) venaient de milieux ouvriers en 1950, ils ne sont plus que 9%. Les chiffres affirment l’importance d’une telle question, et celle de la remise en cause du système éducatif.

L’élitisme institué par Napoléon lorsqu’il crée les Lycées, ou lorsqu’il fonde un titre qui reconnaitra le mérite de chacun, la Légion d’honneur, devaient permettre de créer l’élite dont la France avait besoin afin d’assurer sa puissance, au sens d’un soft power. Mais l’élitisme qui devait récompenser les meilleurs, devient plutôt un privilège, les élites étant destinées pour Pareto à se reproduire. La « noblesse d’Etat », dénoncée par Pierre Bourdieu ne permettrait par l’entrée des élèves excellent dans les plus hautes fonctions. De surcroit, les grandes écoles prépareraient d’avantage à la réussite personnelle qu’aux responsabilités publiques ; nous sommes face à une « crise de l’intelligence » (M. Crozier).

L’ « élitisme républicain » étant en panne, de nombreuses solutions ont été avancées, afin que chacun puisse avoir sa chance, et qu’on ne fasse plus croire aux élèves que « chacun peut s’en sortir » (Bourdieu). Dans ce cadre, diverses mesures d’égalité des chances ont vu le jour, notamment par l’usage de la discrimination positive. C’est ainsi que des classes préparant aux grandes écoles ont vu le jour dans certaines Zones d’Education Prioritaires (ZEP).

Néanmoins, l’égalité sociale semblerait donner de meilleurs résultats que l’égalité des chances selon Raymond Boudon. Aussi, les mesures prises dans le cadre de l’égalité des chances ne prennent pas en compte les carences de la province et de la campagne à l’égard de la ville.

Les fonctions de l’éducation

L’école instruit les enfants, elle a aussi relativement vocation à les éduquer. L’école doit apprendre les valeurs essentielles de la vie, et donc aussi bien le savoir que le savoir être. Elle permet ainsi de civiliser l’enfant, de l’intégrer à la société. C’est en effet à l’école qu’il se trouve pour la première fois réellement en contact avec la société. C’est pour cela qu’on considère que l’école rend l’élève citoyen. Elle prépare l’enfant à devenir un adulte responsable, conscient du monde qui l’entoure, ouvert sur celui-ci.

Elle a surtout vocation à transmettre un savoir. De nombreuses connaissances sont en effet emmagasinées dès le plus jeune âge, de différentes manières. Les méthodes d’éducation ont beaucoup évolué depuis le début de l’école. L’idée classique de l’éducation est d’apprendre ce qui a été fait par les autres pour se former soit même. On apprend ainsi passivement les règles morales, la science et d’autres matières, afin de devenir un bon citoyen.

Les élèves sont alors passifs, et acquièrent ainsi sa propre morale, ses propres valeurs en fonction de ce qu’on lui a enseigné. Mais après mai 1968, les codes sont inversés et on insiste moins sur la rigueur et la discipline que sur la libre expression et le partage. Ce que l’on aurait pu qualifier de laxisme lorsque Rousseau évoque l’insoumission de l’enfant à un maitre et sa préservation de toute atteinte extérieure devient la norme. L’idée est alors de placer l’enfant au centre du système, de leur laisser une vraie autonomie. Mais ce système d’autonomie laissé à l’élève peut limiter l’inculcation de valeurs, de morale, et ainsi retirer à l’école une partie de son objet.

Avec ces nouveaux modes éducatifs, sont apparues les nouvelles technologies ; celles-ci ont permis d’acquérir un savoir, qui, même s’il ne peut se substituer à l’éducation, a conduit à accroitre les moyens d’obtenir des connaissances. Cela a pu entrainer une perte de prestige de l’éducation, et un sentiment de décalage entre la réalité et l’enseignement. On a donc développé les modes interactifs d’enseignement, ou encore amené des intervenants dans les classes pour rendre le cours plus vivant.

L’école a considérablement changé en un siècle. Les instituteurs sont désormais aussi des animateurs en ce sens qu’ils se battent pour faire respecter aux élèves une certaine discipline. On assiste donc aujourd’hui à une volonté de retour aux anciennes valeurs éducatives. On mise à nouveau sur la discipline, et on restaure le lien d’autorité du maitre, tout en conservant les valeurs apportées au cours du siècle dernier. Les droits de l’enfant restent donc primordiaux, et l’apprentissage du civisme de celui-ci également.

Insertion, réinsertion professionnelle  et sociale

Insertion sociale et professionnelle

Cette année, les familles ayant participé au projet se décomposaient selon le schéma social suivant (les familles autonomes ne sont pas comptabilisées) :

Ä 11 familles bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active)

Ä 1 famille bénéficiaire de l’AAH (allocation adulte handicapé)

Ä 1 famille bénéficiaire de l’AEEH (allocation d’éducation enfant handicapé)

Ä 4 familles bénéficiaires du PAJE (complément libre choix d’activité)

Ä 3 familles en emploi précaire (cdd, mi-temps)

Ä 1 famille bénéficiaire des ASSEDIC

Leur composition :

Ä 12 parents isolés (familles monoparentales)

Ä 2 veuves (veuvage très récent)

Ä 7 familles dites « classique » (père+mère)

Considérant les grandes difficultés des parents en termes d’insertion sociale et professionnelle, nous avons dû réévaluer notre approche et revoir nos outils de travail afin de mieux appréhender leurs besoins et notre réponse à ces derniers.

Nous avons été clairement confrontés à la barrière de la langue dans un premier temps, en effet, 14 des 21 parents (soit 61%) présentaient de grandes difficultés à s’exprimer en français et ce pour différentes raisons cependant ils ont un niveau de compréhension assez correct.

Nous avons donc profité des ateliers et des moments opportuns afin d’évaluer leurs aptitudes et leur motivations à l’apprentissage et sur 21 des parents consultés, 19 d’entre eux (soit 83%) sont demandeurs d’un accompagnement vers leur insertion professionnelle et 2 (soit 17%) sont réticents mais nous constatons que c’est plus un problème d’auto-exclusion, de manque de qualification, d’analphabétisme et de manque de confiance en soi plutôt que de désintérêt.

A l’issue du séjour, 19 des 21 parents concernés ont été orientés vers des structure partenaires locales afin de, soit :

Ä mettre en place un projet professionnel  pour 4 parents

Ä s’inscrire dans un processus d’alphabétisation pour 13 parents

Ä rechercher des formations qualifiantes pour 3 parents

Ä rechercher un emploi pour 1 parent

Concernant les 4 autres parents ils feront l’objet d’un suivi et participeront aux ateliers de prise de parole et autres activités du collectif telles que les sorties culturelles (visites de monuments, de musées, participation aux espaces d’échanges et de dialogue...) de sorte qu’ils sortent de leur isolement ; les mettre en contact avec d’autres personnes afin de créer des liens et de les mettre dans des situations propices au travail de ré-acquisition de confiance et d’émergence de la notion d’ambition, de projection vers l’avenir.

III. Liens familiaux

Liens familiaux

L’ensemble de nos indicateurs nous montrent les impacts positifs du projet sur la consolidation du socle familial, la cohésion et les liens parents enfants. Bien que préparés, nous avons dû redoubler d’efforts afin de mener à bien cette partie du projet car cette année nous avons été confrontés à des conditions familiales particulièrement complexes ; d’abord au regard des problèmes rencontrés par ces familles mais aussi pour certaines d’entre elles par le fait d’une rupture totale de communication entre enfants et parents.

Partant de ces faits nous avons intensifié les moments de dialogue, les ateliers et avons revu notre approche dans les rapports parents/enfants ; les cafés débats se sont déclinés comme suit :

Ä femmes

Ä parents

Ä enfants

Ä parents et enfants

Ä femmes

D’un point de vue quantitatif, toutes les familles ont participé, nous avons enregistré 100% de participation aux ateliers et cafés débats. Notons que concernant les cafés débats, nous avons doublé leur fréquence sur les séances femmes et ce à leur demande insistante.

L’aspect qualitatif n’est pas en reste puisque nous constatons une grande qualité des échanges ainsi qu’une évolution rapide en termes de facilité de prise de parole et de capacité à formuler leur propos malgré leurs difficultés en langue française.

Sur ce dernier point, notons qu’au départ les mamans s’exprimaient dans leur langue maternelle ce qui a nécessité qu’une traduction (nos bénévoles maitrisent les différents langages usités par les familles) soit faite en simultanée pour les autres participantes (plusieurs langues usitées telles que l’arabe, le turc, le soninké, le peuhl et divers dialectes).

Nous avons donc acté avec les participants que la durée de ces moments serait prolongée de 45 minutes et que tous s’exprimeraient en français autant que faire ce peut et que nous complèterions et traduirions le cas échéant et seulement en cas de nécessité. Cette discipline à laquelle nous nous sommes tenus a très vite porté ses fruits et s’est impactée de façon quasi immédiate tout particulièrement chez les mamans et ce de diverses façons.

Tout d’abord, cela a eu pour effet qu’elles ont pu se parler entre elles ce qui a conduit à ce que très rapidement elles ont noué des liens ensuite, et c’est le point auquel nous accordons le plus de poids, pour la première fois elles pouvaient s’exprimer avec leur propres mots, leur propres voix, sans intermédiaire.

Cette réappropriation est l’un des éléments les plus déterminants tant d’un point de vue émotionnel que structurel et constitue le premier chainon à tout travail d’insertion quel qu’il soit. Un des éléments définissant l’homme réside dans sa capacité à avoir la notion de lui-même, du « je » aussi, lorsqu’il est privé de sa faculté d’exprimer sa pensée par des mots au travers du moyen de communication primaire que représente le langage, il se sent exclu de fait.

Dans les conséquences directes nous retrouvons entre autres, l’auto exclusion, l’isolement voire le repli sur soi, la perte de confiance en soi, la dépression, la dégradation voire la rupture de communication au sein de la structure familiale, la détresse émotionnelle, les conduites à risques etc.

Non seulement ces femmes s’exprimaient avec leur propres mots mais elles ont aussi beaucoup écouté ce qui a eu pour conséquence de leur faire prendre de la distance avec leur problèmes ; les échanges étaient très forts en émotion eu égard à leur situation mais aussi très intenses d’un point de vue participatif car dès le second café débat il nous a fallu intervenir à plusieurs reprises afin de réguler les prises de paroles et avons donc nommé une modératrice au sein des participantes.

Les échanges ont aussi suscité nombre de questions notamment des demandes d’informations que ce soit sur le fonctionnement de certaines administrations ou sur leurs droits ou devoirs dans certains cas. Ces questionnements ont mis en exergue un besoin d’accompagnement individuel, nous avons donc, au gré des demandes, dressé un état des lieux des situations, leur avons donné nos préconisations et les coordonnées des structures vers lesquelles elles devront s’orienter dès septembre.

Ces moments ont également permis d’avoir des discussions franches et sincères sur l’état des rapports entre les parents et leurs enfants et ont marqué le début d’un travail de reconstruction de la cohésion familiale par le renforcement de la fonction parentale dans ses pratiques éducatives. Nous avons  pour ce faire, consolidé les activités parents/enfants en y adjoignant des situations d’échanges entre eux en créant les conditions propices à ces dernières.

Dans la perspective d’une meilleure compréhension de la complexité des situations et par conséquent de notre approche, voici quelques éléments des problématiques rencontrées par certaines familles :

Ä une famille venait de subir la perte d’un enfant (17ans) décédée des suites d’une maladie fulgurante

Ä une maman venait de perdre son mari et des enfants leur père des suites d’une longue et douloureuse maladie

Ä une maman venait de perdre son mari et des enfants leur père dans des circonstances non encore élucidées (enquête judiciaire en cours)

Ä une famille était dans l’attente de l’exécution (ou non) d’une procédure d’expulsion

Considérant ce qui précède, les spécificités et la malléabilité du projet OXYGENE ont cette année démontré son efficacité face à des situations très lourdes mais aussi grâce à l’extraordinaire engagement et implication de nos bénévoles et partenaires opérationnels. Toutes les familles confrontées à une rupture de communication ont repris le chemin du dialogue et de l’implication dans la vie familiale.

L’arbre à mamans crée l’année précédente par les familles participantes leur a été proposé afin que le contact et les liens d’amitiés naissants se pérennisent avec en plus un outil leur permettant de s’entraider, elles ont toutes accepté de s’y inscrire ce qui est très révélateur de leur besoin de sortir de leur isolement qui est plus subi que choisi.

Il est convenu avec les parents qu’ils devront se rendre à tous les rendez-vous liés à la scolarité de leurs enfants tels que la remise des bulletins, les demandes de rendez-vous avec les professeurs, conseils de discipline, dans la mesure du possible bien sûr. Nous avons donc convenu de faire un point après les conseils de classe du premier trimestre, 100% des parents ont souscrit à ce contrat moral.

Enfin, les impacts sur les liens familiaux sont multiples :

Ä renforcement de la fonction parentale

Ä facilitation du dialogue intergénérationnel

Ä reprise du dialogue au sein de la structure familiale

Ä formulation de la souffrance de chacun

Ä amélioration du rapport parent/enfant en termes de prise de parole et de respect

Ä amélioration du rapport entre conjoints en termes de communication

Ä amorce d’un processus d’insertion professionnelle soit par l’apprentissage soit par la recherche d’un emploi ou d’une formation qualifiante

Le travail de construction ou de reconstruction pour certains sera long et devra donc être assujetti à une considération temporelle différente sur le moyen et le long terme de ce fait, un suivi de cette évolution sera fait et conditionné à une première évaluation dans 4 mois et ensuite tous les six mois pendant 3 ans. Bien que ce temps paraisse long il est essentiel et correspond à un processus d’évolution soumis à de nombreuses variables, sociales, économiques, humaines...

IV. Accompagnement des parents à la fonction parentale

Définition d’une politique familiale

Les politiques familiales sont celles qui permettent de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle en prévoyant les moyens nécessaires pour assurer aux familles des ressources suffisantes, favoriser le développement de l’enfant, faciliter le choix des parents entre travail et éducation, et promouvoir l’égalité des sexes sur le plan de l’emploi.

Les politiques familiales visent à améliorer l’accès à des services de garde d’enfant abordables et de qualité, à apporter une aide financière aux enfants, et à permettre aux parents actifs de prendre un congé parental d’éducation, favorisent la flexibilité dans l’organisation du travail pour mieux concilier travail et éducation. Elles comprennent également des incitations financières à travailler pour les familles avec enfants ainsi que des mesures d’aide au retour à l’emploi pour les parents chômeurs.

La conciliation travail-famille résulte des impératifs de la famille, de ceux de l'organisation des services et du monde du travail ou des études. Ce n'est donc pas seulement une préoccupation pour les personnes qui travaillent ni une « affaire de femmes ». Il s'agit d'un défi qui interpelle plusieurs acteurs – les travailleurs et travailleuses, les syndicats, les entreprises, les organisations, les municipalités et les services publics.

Le gouvernement n'est pas en reste : il doit créer un terrain propice à la conciliation travail-famille dans ces milieux et mettre en place des initiatives qui permettent l'épanouissement professionnel et personnel de ses citoyennes et citoyens, y compris la réalisation de leur désir d'enfant.

Voilà tout le défi de la conciliation travail-famille !

Conciliation travail-famille

Recherche de l’équilibre entre les exigences et les responsabilités liées à la vie professionnelle et à la vie familiale.

  • La vie familiale fait référence aux personnes avec lesquelles le travailleur et la travailleuse ont un lien de dépendance, dont la famille, la famille proche, la famille élargie et les amis

  • L’objectif de cette recherche est d’assouplir ou d’aplanir certaines contraintes et exigences du monde du travail, en vue d’une gestion plus équilibrée du temps consacré à la vie professionnelle et à la vie familiale.

Il est important de distinguer la conciliation travail-vie personnelle et la CTF (conciliation travail/famille). La conciliation travail-vie personnelle touche la capacité d'une personne à concilier les exigences de sa vie professionnelle et ses engagements personnels, dont fait partie la vie familiale. Une mesure d’Oxygène se distingue quant à la nature du conflit qu’elle permet de résoudre et qui concerne les soins à des proches, des enfants, un conjoint ou des personnes aînées.

Ainsi, les mesures qui visent le mieux-être du personnel, la programmation d’activités sportives en milieu de travail, par exemple, contribuent certes à la qualité de vie du personnel, mais ne sont pas considérées comme des mesures au sens de la définition retenue.

Programme de soutien à des actions en matière d’engagement des pères

Le programme vise à offrir aux familles, en collaboration avec les organismes communautaires Famille (OCF), une offre de service adaptée aux réalités paternelles afin de contribuer à un engagement accru des pères dans leur famille. ACLEFEU au travers d’Oxygène  souhaite ainsi promouvoir et soutenir l’exercice égalitaire des rôles parentaux.

Plus précisément, les objectifs établis sont les suivants :

  • Favoriser la réalisation d’actions régionales ou locales qui contribuent à un engagement accru des pères dans leur famille

  • Favoriser l’adaptation des pratiques afin de permettre une meilleure intégration des réalités paternelles dans leur offre de service.

Ce programme s’inscrit dans notre Plan d’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes pour les années à venir.

Rôle de la famille

La famille est une communauté réunie sur le fondement d’alliances et de filiations. Les liens établis jouent plusieurs grands rôles :

Un rôle de socialisation : les relations sociales de la famille constituent une première entrée dans la société.

Le milieu social des parents a une influence importante sur l’enfant, qui prend pour modèle le style conjugal de ses parents afin de se former. Une fois adulte, l’influence de la famille est encore très présente ; les études rapportent en effet que les hommes mariés effectuent une meilleure carrière professionnelle que les célibataires, solution qui s’inverse pour les femmes.

Un rôle d’identification : les valeurs de la famille sont transmises aux générations suivantes. Les codes provenant du milieu social apportent aux descendants certaines valeurs qu’ils conserveront généralement. La solidarité intergénérationnelle conditionne la perpétuation de ces codes et valeurs. L’enfant hérite donc de valeurs morales qui constituent la base sociale, mais aussi intellectuelle du futur adulte.

Un rôle d’éducation : selon le niveau social des parents, les enfants acquièrent un capital culturel plus ou moins important.

Un rôle économique : selon Bourdieu, le capital économique est transmis par la famille. Les biens du patrimoine sont transmis, et le revenu joue un rôle important. Le rôle de la famille dans la société actuelle a évolué. Elle n’est plus un socle intangible à la base de tout homme, mais parfois un simple passage, sans établissement de réelles valeurs familiales. L’environnement est parfois plus important et joue un rôle prédominant chez l’enfant ; la famille ne constitue alors plus la base de l’être humain, celle qui va le former. Elle devient moins indispensable car ce qui entoure l’enfant prend plus de place que la famille.

Mutations de la famille

De nombreuses modifications ont eut lieu ces dernières décennies. Tout d’abord le nombre de mariage a considérablement diminué en quarante ans (même si les chiffres remontent quelque peu), alors que les divorces ont au contraire augmenté. Les familles monoparentales et recomposées augmentent. Mais ce sont aussi les naissances hors mariages qui constituaient environ 40% des naissances en 2000.

Mais le mode de vie changeant, et essentiellement l’individualisme s’installant considérablement, le mode de vie solitaire est aujourd’hui important ; 1 personne sur 8 est aujourd’hui célibataire.

Si le schéma de la famille nucléaire semble aujourd’hui être le principal mode de vie, d’autres schémas se dessinent sans toutefois remettre en cause le schéma principal.

Ainsi, l’apparition du pacs a permis a permis l’émergence de nouvelles formes sociales comme les couples homosexuels.

V. Perspectives et préconisations

Le projet Oxygène a vocation a perdurer et surtout à s’améliorer de façon entre autre à permettre une plus large offre en direction d’un plus grand nombre de famille mais aussi de moyens supplémentaires afin de mettre en place d’autres outils d’aide à la fonction parentale et d’accompagnement des jeunes dans leur scolarité mais pas seulement puisque comme nous l’avons dis plus haut, il s’agit de prendre à bras le corps l’ensemble des problématiques qui sont les leur.

En termes de perspectives, le collectif ACLEFEU entend faire le nécessaire afin que ce dispositif puisse être repris dans d’autres communes, notamment la partie des départs en vacances (les séjours ruptures).

PROBLEMATIQUES

Problème(s) observés justifiant l’action proposée

Ø isolement, auto-exclusion

Ø précarité

Ø dysfonctionnement de l’autorité parentale

Ø chômage, manque de qualification

Ø déscolarisation, analphabétisme

Ø enclavement physique et psychologique

ACTION PROPOSEE

Descriptif

Le projet vise des populations en très grande précarité, familles nombreuses, monoparentales, personnes en situation d’isolement. Oxygène se décompose en plusieurs étapes :


1) inscriptions

2) cafés/débat

3) orientations si nécessaire vers les structures compétentes

4) ateliers

5) cafés/débat

6) séjour rupture

7) orientations si nécessaire vers les structures compétentes

8) bilan de l’accompagnement


Ces phases se réalisent sur une année entière dans cet ordre là.

1. En quoi cette action est-elle une réponse au(x) problème(s) posés ?

Cette action répond complètement aux problèmes posés du fait qu’elle englobe l’ensemble de la structure familiale, que les axes de travail sont multiples et transversaux ; il est important de spécifier que le travail de construction ou de reconstruction pour certains sera long et devra donc être assujetti à une considération temporelle différente sur le moyen et le long terme de ce fait, un suivi de cette évolution sera fait et conditionné à une première évaluation dans les 4 mois et ensuite tous les six mois pendant 3 ans. Bien que ce temps paraisse long il est essentiel et correspond à un processus d’évolution soumis à de nombreuses variables, sociales, économiques, humaines... Le partenariat avec d’autres structures telles que la municipalité au travers des services de la réussite éducative notamment, joue un rôle prépondérant dans l’accompagnement que représente Oxygène.

PERSPECTIVES ET EVALUATION

1. Objectifs visés

ž Prise en compte de la fonction parentale dans sa globalité à travers ses pratiques éducatives.

ž Renforcement du soutien à la fonction parentale

ž Mise en œuvre d’espace de paroles et de dialogues

ž Promotion de la citoyenneté comme vecteur de transmission de valeurs

ž Sensibilisation aux conduites à risques auprès des jeunes et des moins jeunes

ž Scolarité

ž Insertion, réinsertion professionnelle

ž Travail autour de l’autonomie, de la solidarité

ž Lutte contre l’exclusion

ž La mise en place d’atelier scolaire, a servira à détecter les lacunes et les insuffisances chez le public visé (6-18 ans).

ž Permettre aux familles de s’ouvrir et de se confier, par rapport à certaines problématiques, comme par exemple les difficultés rencontrés dans l’éducation des enfants ou encore l’absence de l’autorité paternelle dans certains cas.

ž Elaboration de dispositifs à mettre en place pour remédier aux  problématiques que rencontre ces familles

ž L’intervention des éducateurs et bénévoles de manière individuelle ou collective permettra de discuter directement avec les jeunes sur les conduites à risques et leurs incidences.

2. Objectifs atteints et problèmes rencontrés

Réussite scolaire

La demande de soutien, d’aide aux devoirs ou autre accompagnement éducatif est très forte chez les enfants, ils ont conscience d’avoir des difficultés scolaires auxquelles s’ajoutent des difficultés d’ordre personnel pourtant ils portent un grand intérêt à leur avenir et sont lucides que cela passe par l’éducation et l’instruction. Lors d’un café/débat sur le civisme et la citoyenneté, un groupe de jeunes étudiants a émit le souhait de former une équipe de Parrains qui s’occuperait d’un cours de soutien et d’aide aux devoirs. Il est convenu qu’un atelier sera mis en place en septembre afin d’en discuter.

Liens familiaux

L’ensemble de nos indicateurs nous montrent les impacts positifs du projet sur la consolidation du socle familial, la cohésion et les liens parents enfants. Bien que préparés, nous avons dû redoubler d’efforts afin de mener à bien cette partie du projet car cette année nous avons été confrontés à des conditions familiales complexes ; d’abord au regard des problèmes rencontrés par ces familles mais aussi pour certaines d’entre elles par le fait d’une rupture totale de communication entre enfants et parents.

Partant de ces faits nous avons intensifié les moments de dialogue, les ateliers et avons revu notre approche dans les rapports parents/enfants ce qui a porté ses fruits.

Insertion sociale et professionnelle

Cette année, les familles ayant participé au projet se décomposaient selon le schéma social suivant :

Ä familles bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active)

Ä famille bénéficiaire de l’AAH (allocation adulte handicapé)

Ä famille bénéficiaire de l’AEEH (allocation d’éducation enfant handicapé)

Ä familles bénéficiaires du PAJE (complément libre choix d’activité)

Ä familles en emploi précaire (cdd, mi-temps)

Ä famille bénéficiaire des ASSEDIC

Trois parents (2 femmes et 1 homme) seront à orienter vers nos partenaires afin de les accompagner vers le retour à l’emploi, 4 mamans seront orientées vers une association qui leur permettra d’accéder à des cours d’alphabétisation gratuits. Deux autres mamans quand à elles, ont demandé à être accompagnées vers une réinsertion professionnelle. Concernant les problématiques liées au logement, 3 familles ont demandé du soutien face à leur incompréhension et leur manque d’information ; 2 d’entre elles sont dans un processus de relogement lié au PRU sous le portage de l’AFTRP et la troisième vit dans une copropriété très dégradée dans des conditions inacceptables avec des enfants en bas âge, une demande de logement ancienne et un dossier DALO déposé.

LE COLLECTIF ACLEFEU