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Descriptif DAD.

Préambule :

Le caractère spontané et non organisé des révoltes sociales de l’Automne 2005 a démontré, aux yeux de la classe dirigeante et devant l’opinion publique Française, que la fracture sociale était encore plus grave que ce que l’on croyait.

L’intensité de la colère exprimée, notamment dans les quartiers populaires, a suscité nombre d'interrogations, d’incompréhensions mais aussi de réactions, dont la notre, que nous avions voulue constructive et citoyenne.

C’était, donc, parce que nous voulions comprendre ce qu’il s’était vraiment passé lors de ces évènements que nous avions décidé d'établir une sorte d'état des lieux à travers notre « Tour de France Citoyen », ce qui, à posteriori, nous a permis de rédiger les Cahiers de Doléances sur la base des constats et des propositions de milliers de nos concitoyens.

Ces doléances ont justement mis en relief quelques signes alarmants et donné  quelques indications concernant directement ou indirectement le monde de l’éducation, dont voici quelques exemples :

- Un système éducatif dépassé par certaines problématiques extrascolaires qui le rendent, malgré le dévouement de la communauté éducative, incapable de remplir ses deux missions essentielles qui sont : L’instruction et l'éducation.

- En face de lui, une population vivant à la marge de la société, cumulant les difficultés, subissant de plein fouet, séparément ou en même temps, toutes sortes de discriminations : sur les origines, la couleur de la peau, le lieu d’habitation, l’appartenance culturelle ou religieuse.

-Un taux de chômage dépassant le double de la moyenne nationale, dû en partie à l'enclavement de ces territoires et au manque de qualification.

-Un cadre de vie dégradé, des loyers très chers, des charges trop élevées et un pouvoir d'achat trop bas.

- Une part de PIB réservée à la formation jugée trop faible vu l’énormité du chantier en matière de qualification des jeunes des quartiers populaires.

- Un collège, souvent désigné comme le maillon faible du système éducatif et qui, au fait, est devenu, au fil du temps, le réceptacle des difficultés accumulées lors des premières années.

- Des Zones d’Education Prioritaire qui peinent à retenir les professeurs les plus expérimentés : Versailles et Créteil sont devenues ainsi des académies de «  début de carrière ».

- Une absence de mixité sociale et une crise de représentativité en politique et dans les institutions.

- Et finalement, une partie de la jeunesse qui avance dans une direction inconnue sans espoir ni repère ni perspectives d’avenir.

Les cahiers de doléances sont pleins de critiques vis-à-vis des politiques d’orientation précoces qui imposent des choix définitifs que l’on regrette ensuite, ils dénoncent aussi les effectifs trop importants dans les classes, l’absence d’accompagnement individuel des élèves en difficulté, la stigmatisation des parents.

Dépassée par certaines problématiques qu'elle n'a pas vu venir (ghettoïsation urbaine, chômage massif et de longue durée, cadre de vie dégradé, familles monoparentales fragiles, crise des valeurs et perte de l'autorité parentale) l’Ecole de la République est en train de creuser les inégalités et de fabriquer les assistés de demain au lieu d'être un vecteur de transmission des savoirs, d’éducation aux valeurs républicaines, de qualification et un moteur d'insertion.

Certes, rien ne se fera sans l'école mais il ne faut tout de même pas tout attendre d'elle.

La médiocrité des résultats dans les quartiers défavorisés tire l’ensemble de leur population vers le bas, le nombre effarant d’élèves qui arrivent en 6ème sans savoir ni lire ni écrire correctement, le devenir des élèves de 3ème qui avaient été orientés vers une seconde professionnelle, le taux d’échec au brevet, celui du redoublement de la seconde, et au bout du compte : 160.000 jeunes qui quittent le système scolaire sans aucune qualification.

D’après Les Rapports du Sénat  2006-2007,  15.000  jeunes  de moins de 16 ans, une fois déscolarisés, échappent aux dispositifs de « remèdiation » ou autres « classes relais » mises en place depuis1998.

Ce constat de terrain, appuyé par le rapport de l'ONZUS, a légitimé à nos yeux l'idée même d'un ciblage territorial des actions d'accompagnement social et de prévention dans les quartiers populaires en difficulté afin de réduire progressivement les écarts constatés et de redonner dynamisme et espoir.

C'est pour toutes ces raisons que nous avons donc décidé de nous attaquer au fléau du décrochage Scolaire, en exploitant, bien évidemment, au maximum les enseignements et les bilans des quatre éditions de l’expérience « Oxygène ».

Le dispositif DAD s'inscrit dans la continuité des actions citoyennes menées par le collectif AClefeu depuis sa création.

Il vient s’adosser au projet Oxygène tout en profitant des enseignements et des bilans d’activités de ce dernier. Il s'articulera autour de certaines propositions des Cahiers de Doléances qui expriment clairement le désir de voir la fonction parentale faire l'objet d'un travail pédagogique en profondeur et sur le long terme.

L'autorité parentale qui se trouve au centre même de la question liée à l'échec scolaire et au décrochage précoce ne peut être restaurée qu'au travers d'un processus global d'insertion sociale, économique et environnementale.

Dans une démarche préventive et au vu du caractère transversal de cette problématique, le dispositif DAD s'appuiera, donc, sur plusieurs leviers complémentaires dont les café-débats, par exemple, ou les parents auront l’occasion de rencontrer des professeurs en dehors du collège dans un contexte différent car apaisé, convivial et constructif.

Les trois axes du DAD :

A : Soutien Scolaire et Accompagnement Individuel des Collègiens.

B : Parentalité : Café-débats, groupes de paroles, sorties et lien social.

C : Accueil et accompagnement des élèves exclus temporairement.

Des ateliers d’« Alphabétisation » pour les adultes et les primo-arrivants, mais aussi de :   -Couture

-Cuisine

-Jardinage, entre autres.

Le dispositif DAD s’adresse globalement à l’ensemble des collégiens et à leurs familles dans un esprit de « public » et non de «  zonage », les équipes du DAD s’orienteront donc, grâce au partenariat avec les établissements scolaires, et après « identification », vers les jeunes et les enfants les plus en difficulté, et recevront les élèves en situation d’exclusion temporaire.

Car, comme le souligne une note de l’institut Montaigne :                                « les dysfonctionnements de l’école primaire sont à l’origine de ceux du système éducatif dans son ensemble ».

Le collège, souvent désigné comme le « maillon faible » du système éducatif, n’est, au fait, que le réceptacle des difficultés accumulées lors des premières années.

S’il parait donc évident de mettre le paquet dès le CP et pourquoi pas avant, il ne faut tout de même pas oublier de venir en aide au collège qui peine, malgré le dévouement du corps enseignant, à gérer et à combler les lacunes héritées du primaire.

L’adolescence est une période ou les enfants testent leurs limites, celles de leurs parents et celles de leurs professeurs.

C’est là ou tout se joue étant donné que la personnalité du jeune commence à se construire.

C’est, donc, à ce moment-là qu’il faut agir pour rappeler au jeune les règles de vie dans son propre foyer, au sein de l’établissement scolaire qu’il fréquente, et d’une manière générale, dans la société qui est la notre avec ses droits et ses devoirs.

Quant aux jeunes, des ateliers d'éducation à la citoyenneté, au civisme et au respect des valeurs leur seront destinés en partenariat avec certains partenaires (Hôpital, Croix-Rouge, Pompiers, Police etc...).

L’actualité tragique de ces dernières années a mis en exergue la dégradation fulgurante des relations avec les institutions pour diverses raisons avec des conséquences socio-économiques désastreuses sur nos territoires ainsi qu’une recrudescence des comportements à risques aussi, ces ateliers nous serviront de « passerelle » en terme de dialogue, de temps d’information privilégiés avec les partenaires impliqués, favorisant ainsi, par voie de cause à effet, la prise de conscience.

Par exemple, des visites en coordination avec les équipes médicales des hôpitaux partenaires auront pour impact de « matérialiser » les conséquences dramatiques de certaines conduites à risques. (Hôpital des grands brûlés, centre de rééducation…) où encore les ateliers « aujourd’hui je suis Pompier » consistant en une après-midi avec une équipe de pompiers afin de les sensibiliser face  à l’importance et à la dureté de leur travail mais aussi aux difficultés qu’ils rencontrent face aux actes d’incivilité.

Des ateliers « découverte des institutions  » leur donneront accès à des lieux tels que le Parlement, l’Assemblée nationale et autres lieux représentatifs des institutions ou de l’expression citoyenne démocratique  au travers des sorties à la journée.

Viendront compléter ces sorties, les journées « découverte du patrimoine historique français » dans un esprit d’égal accès à la culture.

C- Accueil et accompagnement des collégiens en situation d'exclusion temporaire.

Objectifs généraux :

-Affirmer, de concert avec l'établissement, le caractère éducatif de la sanction et faciliter le retour de l'élève dans son collège dans de bonnes conditions.

-Maintenir le statut et le niveau de l'élève avec un accompagnement personnalisé lors de la réalisation des devoirs donnés par l'établissement, les professeurs.

-Aider les parents à mieux suivre la scolarité de leur enfant.

-Engager un travail de réflexion avec l'enfant et sa famille sur les conduites de rupture scolaire tenues par l'adolescent.

-Proposer et construire, le cas échéant, une aide adaptée pour le jeune et sa famille, sous la forme d'un accompagnement scolaire, d'un suivi de la famille.

Elèves accueillis :

• 40 % des élèves exclus le sont dans leur treizième année.

Motifs des exclusions :

• Méconnaissance ou refus des règles de base de l'école,

• Conduites à risque (individuelles ou collectives),

• Actes de violence.

Programme / Dispositif :

Etape 1 :

Suite à l'exclusion temporaire, l'élève est orienté après et avec l'accord des parents qui ont rencontré le chef d'établissement ou le C.P.E.

La libre adhésion doit être respectée.

Etape 2 :

L'accueil du jeune doit être réalisé dès le premier jour de son exclusion, sauf difficulté particulière.

L'élève se présente avec une "pochette" contenant les devoirs donnés par les enseignants.

Une présentation de l'association et du dispositif (déroulement) doit être réalisée en début de session.

Horaires : 09h00 à 16h30.

Matin :

• Réalisation des devoirs avec une réévaluation en fonction de la situation, du niveau de l'élève :

Accompagnement scolaire sur mesure.

Après-midi :

• Activités culturelles, créatives qui permettent de susciter leur intérêt, leur étonnement et la construction d'une prise de conscience.

Ces différents moments, ateliers, activités variés, doivent, directement ou indirectement engendrer une réflexion des jeunes sur leurs comportements.

Une analyse des causes de leur exclusion avec l'appui des professionnels doit être réalisée.

Il est important de dissocier l'objet de leurs conflits des représentations et/ou affects qu'ils peuvent avoir sur les protagonistes, et ainsi développer des stratégies qui leur permettront ensuite d'éviter de commettre à nouveau, des actes dommageables.

L'alternance de situation où les jeunes sont sollicités tantôt individuellement ou collectivement renforce le dispositif en rythmant la journée.

A la fin de la période, plusieurs modalités peuvent être mises en œuvre (bilan et perspectives).